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MUR DE SOUTÈNEMENTGARD

Techniques

Renforcer un mur de soutènement existant plutôt que le démolir : les solutions

4 min de lectureTechniques
Renforcer un mur de soutènement existant plutôt que le démolir : les solutions

Renforcer un mur de soutènement existant est possible quand il bouge lentement et que sa maçonnerie tient encore : on lui rend d'abord son drainage, puis on choisit un appui (butée en pied, contreforts, contre-mur) ou une ancre dans le terrain (clous, tirants). Quand le mur se disloque, le renfort ne sauve plus rien et il faut reconstruire.

Pourquoi un mur existant faiblit-il ?

Un mur de soutènement cède rarement par vieillesse seule. Dans le Gard, trois causes reviennent. L'eau d'abord : un mur dont les barbacanes sont bouchées retient derrière lui une poussée supplémentaire à chaque épisode cévenol d'automne. Ensuite les changements autour de l'ouvrage : une piscine creusée en pied, une allée élargie, un remblai ajouté en tête. Enfin le sol lui-même, surtout les argiles de la plaine du Vistre et de la Vaunage qui gonflent et se rétractent avec les saisons.

Géorisques résume bien ces causes humaines dans son dossier sur les mouvements de terrain : surcharge en tête d'un talus, décharge en pied qui supprime une butée stabilisatrice, rejets d'eau. Avant tout renfort, nous cherchons laquelle de ces causes est à l'œuvre, sinon le renfort traite le symptôme et le mur recommence à bouger.

Pour reconnaître les signes, notre article sur le mur qui se ventre détaille ce qu'il faut regarder.

Quelles solutions de renfort existent ?

Chaque technique répond à une faiblesse précise. Le tableau ci-dessous les classe par ampleur croissante de chantier.

Quelles solutions de renfort existent ?

| Solution | Principe | Bien adaptée quand | |---|---|---| | Drainage rétabli | Barbacanes débouchées ou recréées, drain en pied, eaux de toiture détournées | L'eau stagne derrière le mur, traces d'humidité, mousses | | Butée en pied | Enrochement ou gabions posés contre la base du mur | Le pied glisse vers l'avant, place disponible devant le mur | | Contreforts | Éperons maçonnés ou en béton armé à intervalles réguliers | Mur long qui se ventre entre deux points | | Contre-mur | Voile de béton armé coulé contre l'ancien mur, avec sa propre fondation | Maçonnerie fatiguée mais encore cohérente | | Clouage | Barres scellées dans le terrain à travers le mur, sans mise en tension | Terrain assez raide, travail possible depuis l'avant du mur | | Tirants d'ancrage | Câbles ou barres scellés loin derrière le mur puis mis en tension | Poussée forte, aucune place devant le mur |

Les contreforts et le principe du mur en L sont détaillés dans notre article consacré aux grandes hauteurs.

Par quoi commencer pour renforcer un mur ?

Toujours par l'eau. Le même dossier de Géorisques classe les techniques contre les glissements de terrain de la moins chère à la plus onéreuse : les drainages, puis les terrassements, puis les inclusions rigides. Il précise que la prévention la plus simple consiste à maîtriser tous les rejets d'eau, eaux usées, pluviales et de drainage.

Sur un vieux mur de garrigue, cela veut souvent dire déboucher des barbacanes colmatées par la terre rouge, raccorder une descente de gouttière qui se vide en tête du talus, ou créer un fossé qui intercepte le ruissellement avant qu'il n'atteigne le remblai. Ce n'est pas spectaculaire, mais un mur déchargé de son eau cesse parfois de bouger sans autre intervention.

Comment le terrain gardois oriente-t-il le choix ?

Entre garrigue, Cévennes et plaine du Vistre, un renfort identique sur le papier se monte de trois manières.

Garrigue calcaire autour de Nîmes et dans l'Uzège. Le calcaire karstique est souvent fissuré, parfois creusé de petites cavités. Un clou ou un tirant doit trouver une roche saine pour être scellé : avant de forer, nous vérifions qu'une poche vide ne va pas avaler le coulis de scellement.

Schistes du piémont cévenol, d'Alès à Anduze. La roche est feuilletée. L'orientation des feuillets compte : une ancre parallèle aux plans de schiste tient moins bien qu'une ancre qui les recoupe. La butée en pied en blocs ou en gabions y est souvent plus simple à mettre en œuvre.

Argiles du Vistre et de la Vaunage. Le sol travaille avec l'humidité. Ancrer dans une argile qui gonfle et se rétracte demande une étude préalable sérieuse, et le contre-mur fondé plus profond est fréquemment la réponse la plus stable.

Quand faut-il renoncer au renfort ?

Le renfort suppose un mur qui forme encore un bloc. Nous conseillons la démolition puis la reconstruction quand la maçonnerie se désorganise, quand des pierres tombent, quand le mur s'ouvre en escalier sur toute sa hauteur, ou quand le mouvement s'accélère entre deux observations. Dans ces cas, ancrer un mur qui se défait revient à clouer un tas de pierres.

Notre service de réparation de mur de soutènement fissuré commence par ce tri : ce qui se conforte, ce qui se reprend en partie, ce qui se refait.

Dernier point utile avant de signer : des travaux de confortement sont des travaux de construction. Selon l'article 1792 du Code civil, l'entreprise répond sans avoir à prouver de faute d'un défaut qui menace la tenue du mur, y compris quand il vient du sol. Une attestation d'assurance décennale à jour fait donc partie des pièces à demander avec le devis.

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on renforcer un mur de soutènement qui penche déjà ?

Oui, tant que le mouvement est lent et que la maçonnerie reste cohérente. Si le mur se disloque, perd des pierres ou bouge d'une semaine à l'autre, le renfort ne suffit plus et la reconstruction devient la voie sûre.

Quel renfort coûte le moins cher ?

Rétablir l'évacuation de l'eau est presque toujours la première dépense, et la moins lourde. Géorisques classe d'ailleurs les drainages comme la famille de techniques la moins chère contre les glissements, devant les terrassements et les inclusions rigides.

Un renfort de mur est-il couvert par la garantie décennale ?

Les travaux de confortement réalisés par une entreprise engagent sa responsabilité décennale sur les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage, y compris ceux qui viennent d'un vice du sol, selon l'article 1792 du Code civil. Demandez l'attestation d'assurance avant de signer.

Faut-il une étude de sol avant de renforcer ?

Pour un clouage, des tirants ou des micropieux, oui : on ne dimensionne pas une ancre sans connaître le terrain qu'elle traverse. Pour une simple remise en état du drainage, un diagnostic visuel et un sondage au pied du mur suffisent souvent.

Étude sur place sur rendez-vous

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